Antisémitisme

Et si l’on cessait de nier l’évidence ? Si l’on regardait, enfin, les choses en face ?

Oui, se développe dans nos banlieues un antisémitisme porté par de jeunes musulmans.

Et il n’est pas marginal, comme voudraient nous le faire croire nos politiciens. Enfin, pas tous, c’est vrai. Manuel Valls le dit, lui, haut et fort :

L’antisémitisme est profondément ancré dans certaines banlieues.

Il est député-maire d’Evry et, comme de nombreux élus de banlieue, il lui est difficile de se murer dans le déni de réalité que pratique la classe politique… à gauche comme à droite.

Cet antisémitisme est une sorte de produit d’importation. On se prend pour un jeune Palestinien, on singe l’Intifada, on répète des slogans entendus sur des chaînes d’information du monde arabe ou pêchés dans les bas fonds d’Internet.

Rien de tout cela ne peut servir d’excuses. Pas plus que les familles éclatées, les services sociaux désemparés, réduits au minimum, ou encore les difficultés rencontrées pour trouver un emploi ne peuvent être invoqués comme autant de « circonstances atténuantes ».

Tariq Ramadan se trompe quand, à propos de Mohamed Merah, il écrit sur son blog : « Un pauvre garçon, coupable et à condamner, sans l’ombre d’un doute, même s’il fut lui-même la victime d’un ordre social qui l’avait déjà condamné, lui et des millions d’autres, à la marginalité, à la non reconnaissance de son statut de citoyen à égalité de droit et de chance. »

A ceux qui douteraient encore de la réalité, de la prégnance de ce nouvel antisémitisme, je renvoie aux témoignages d’enseignants qui ont dû, devant l’hostilité de certains élèves, renoncer à faire observer la minute de silence pour les jeunes victimes juives de la tuerie de Toulouse !

Ainsi, dans Libération, Laurence, une éducatrice de 47 ans dans un quartier difficile de Toulouse justement, explique :

L’antisémitisme est ancré de façon incroyable. Cela fait dix ans que j’entends des choses choquantes. C’est la nausée.

La nausée, dit-elle. N’y ajoutons pas l’hypocrisie de ceux qui ne veulent pas voir.