Blancs, white, blancos

Encore un chiffre stupéfiant, avancé par la démographe Michèle Tribalat : en Seine-Saint-Denis « 19 % des moins de 18 ans étaient d’origine étrangère en 1968, ils étaient 57 % en 2005 et probablement encore plus aujourd’hui. » Et que fait le ministre de l’Intérieur face à ce qu’il faut bien appeler une immigration de peuplement ? Il annonce qu’il va revenir sur les critères de naturalisation mis en place par son prédécesseur afin que l’acquisition de la nationalité française cesse d’être, dit-il, une « course d’obstacles ». Regrettant que le nombre de naturalisations soit « en chute libre », il se propose d’en finir avec la loi de juin 2011 qui exige notamment une maîtrise de la langue équivalent à un niveau de troisième, une connaissance minimale de la culture et de l’histoire de la France, et la signature d’une charte « des droits et des devoirs du citoyen ».

Des critères qui ne me semblent pas le moins du monde « scandaleux » ni même « arbitraires », et ne relevant aucunement d’une sorte de loterie comme voudrait nous le faire croire le locataire de la place Beauvau. Malgré ses dernières déclarations, Manuel Valls ne me semblant pas un idéologue totalement étranger au monde réel – n’avait-il pas déclaré, en 2009, alors maire d’Evry, « vouloir plus de « Blancs, de white, de blancos » sur le marché de sa ville… – je me permets donc de le renvoyer, une fois encore, aux analyses de Michèle Tribalat. Selon elle, « La pression et les exigences qui s’expriment côté musulman dans une société prêchant la tolérance et l’ouverture aux autres ont toutes les chances de finir par s’imposer là où ils forment une minorité conséquente. »

Est-ce bien cela que souhaite notre ministre ? Est-ce opportun à l’heure où – certains diront, bien sûr, qu’il n’y a aucun rapport – le nombre de demandeurs d’emploi a encore progressé, en juin, de 0,8%. Soit 23.700 chômeurs supplémentaires. Mais pas de problème, continuons à ouvrir nos frontières, à naturaliser, à accueillir et à régulariser les sans-papiers !

PS/ Un de mes lecteurs me reproche, alors que j’ai critiqué Madonna à propos de cette croix gammée sur le visage de Marine Le Pen, de défendre une liberté d’expression « à géométrie variable ». Je ne le pense pas. C’est pourquoi j’avais précisé dans ce billet, concernant la plainte déposée par la responsable du Front national : « C’est son droit ». Laissant entendre que ce n’est pas, selon moi, la bonne méthode : si l’on devait faire des procès à tous les imbéciles… J’aurais dû être plus explicite. J’en prends acte.

La patrie non-reconnaissante

L’information n’en finit pas de faire des vagues. Sur Internet du moins. Les familles des trois militaires assassinés par Mohamed Merah n’ont pas été invitées au défilé du 14 juillet, comme c’est le cas, traditionnellement, pour les parents des soldats tués pour la France. « Y a-t-il une différence entre nos enfants assassinés par un terroriste sur le sol français et des soldats morts sur le sol afghan ? » se sont-elles interrogées. On est en droit de se poser la question. Comme si nos dirigeants n’arrivaient pas à considérer Mohamed Merah comme un terroriste et rien d’autre. Difficile en effet pour certains de reconnaître que nous sommes en guerre contre une partie de ces jeunes Musulmans qui ont fait le choix du djihad, qui haïssent nos valeurs, qui vomissent la France. Reste qu’ils existent et qu’ils tuent. En toute bonne conscience. Et c’est nous qui devrions avoir mauvaise conscience ?

Sans rapport, quoique… Lors de son concert au Stade de France, Madonna a diffusé un clip dans lequel on voit Marine Le Pen avec une croix gammée sur le front. La leader du Front national a porté plainte. C’est son droit. Mais ce qui me sidère, au-delà du caractère abject de cette image, c’est la réaction de Marisol Touraine, notre avenante ministre des Affaires sociales et de la Santé. Interrogée sur LCI, elle a expliqué : « Non, ça ne me choque pas ». Ajoutant : « Je crois que c’est une mauvaise façon de répondre au problème politique que pose le Front national. » Mais pas un mot, pas une intonation qui disent sa stupeur devant une telle bassesse. Et, comme ses amis, elle n’hésitera pas à se draper dans la morale à la première occasion…

PS/ La république des copains (4). Thomas Legrand, qui tenait une chronique dans Les Inrockuptibles, a décidé de quitter l’hebdo
à l’annonce de l’arrivée d’Audrey Pulvar.

Je n’y ai pas cru au début, ça me semblait impossible ! Je n’ai rien contre elle. Je ne crains pas la censure, ni les relectures orientées. Je sais qu’elle me laisserait libre. Je ne mets pas en cause sa capacité de schizophrénie… […] Mais je crois qu’il ne peut plus y avoir de traitement crédible de la politique aux Inrocks.

Ce n’est pas moi qui le dis.

Avec Eric Zemmour

Eric Zemmour serait donc remercié. On ne devrait plus l’entendre sur RTL à la rentrée prochaine. A en croire le journaliste Renaud Revel, spécialiste des médias à L’Express, la mesure aurait été prise depuis plusieurs semaines mais, ajoute-t-il, « pour que cette décision n’apparaisse pas comme une sanction politique (…) à l’égard de celui dont les opinions droitières sont connues, il a été décidé de lui proposer d’intervenir à l’antenne le week-end ». Et d’ajouter : « une voie de garage que les dirigeants de RTL auront le plus grand mal à expliquer après ce dernier accroc survenu vendredi. »

De quoi serait donc coupable Eric Zemmour ? De s’en être pris vertement à Christiane Taubira, la ministre de la Justice, qui s’apprête à faire voter une nouvelle loi réprimant le harcèlement sexuel et à supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs. Mais surtout, d’avoir soulevé l’indignation de nos associations, gardiennes sourcilleuses de la bien-pensance, je veux parler, bien sûr, du MRAP et de SOS Racisme. La première dénonçant son « délire misogyne et raciste » tandis que la seconde l’accuse de propager une « haine quotidienne ».

On n’est pas obligé d’être d’accord avec Eric Zemmour – le harcèlement sexuel ne peut se réduire, me semble-t-il, à une mise en cause de « l’homme blanc » – pour s’en faire l’avocat. Comment en effet, oser affirmer, comme l’expliquerait la station n°1 en France, qu’elle découvre aujourd’hui que son chroniqueur est « clivant et partisan » ? Alors que c’est pour cela qu’il a été embauché ! Le problème – et j’en sais quelque chose, moi qui ai été viré de RTL en juillet dernier – c’est que, dans bien des médias, on aime le débat à condition de rester dans le registre du « convenable », de « l’acceptable ».

Au fond, le problème n’est pas d’être « clivant et partisan » mais de l’être pour le mauvais camp, si j’ose dire. Serge July, qui chronique dans cette même station, l’est au moins autant – et avec autant de talent. Mais pour lui, pas de problème : il est du bon côté. Gageons à ce propos que le soutien que vient d’apporter Marine Le Pen à Eric Zemmour sera utilisé par les mêmes comme une preuve supplémentaire du mauvais coton que file le camarade Zemmour…

Cette éviction – si elle se confirme, bien sûr – est plus qu’inquiétante. Ne l’oublions pas, la gauche française n’aime pas la liberté. En toute bonne conscience, tant elle est persuadée d’incarner non seulement la Vérité, mais aussi le Bien. Or, elle est en passe, si elle gagne les législatives, de tenir en main tous les pouvoirs. De quoi nous donner des sueurs froides tant certains dans les médias ont la fâcheuse habitude de pratiquer l’art de la génuflexion…

P.S. Faut-il rappeler que Christiane Taubira a fait voter, en 2001, une loi liberticide sur la « reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité ». Comme avec toutes les lois mémorielles, il s’agit, ni plus ni moins, de rendre impossible l’expression de points de vue iconoclastes. Et pour faire bonne mesure, cette loi avait tout simplement « oublié » la traite négrière entre Africains tout comme celle pratiquée par les Arabes – plus importante que celle menée par les Blancs, faut-il le rappeler ! Je n’ai jamais entendu l’une de nos grandes associations – de La Ligue des droits de l’homme au MRAP ou à la Licra – faire part de ses réserves. On rejetait tout l’opprobre sur le seul « homme blanc »… Cela leur convenait parfaitement.

Rouerie

Quel courage ce Jean-Luc Mélenchon ! N’écoutant que sa conscience, sa « bravitude », il a décidé de se présenter face à cette « semi -démente », cette « chauve-souris », cette « malheureuse » qui « va trébuchant d’un stupiditude à l’autre », cette « plutôt limitée » de Marine Le Pen dont il avait juré de ne faire qu’une bouchée lors du premier tour de la présidentielle, avec le succès que l’on sait…

Faute de troisième tour social – faut-il rappeler que les ouvriers dont ne cesse de se réclamer le chef de fil du Front de gauche lui préfèrent la « facho »… – il se lance dans ce qu’il veut présenter comme une sorte de duel (sa garde rapprochée, éléments de langage en mains, parlant à tour de bras de « courage »). Il aurait jeté son gant au visage de son adversaire… non sans avoir pris soin de faire réaliser un sondage, comme nous l’apprend la candidate verte du coin. Il brocarde la manière dont nos vieux politiciens font de la politique mais notre ex-sénateur, ex-secrétaire d’Etat, ex-responsable socialiste et très absentéiste député européen – comme Marine Le Pen d’ailleurs – joue avec la même prudence, la même rouerie, chiffres en mains et, pourquoi pas, accord d’appareils en poche… mais je n’ose l’imaginer.

Pourquoi pareil cinéma ? Parce qu’au fond, l’auteur de « Qu’ils s’en aillent tous » partage les mêmes accents, souvent la même rhétorique que son ennemie jurée. Avec une différence de taille, c’est vrai : il fait l’apologie de l’immigration quand Marine Le Pen met en exergue les problèmes qu’elle pose. D’où d’ailleurs son échec du 22 avril où lui, Poutou et Arthaud ont recueilli moins de voix que les candidats trotskistes et le représentant communiste n’en avaient totalisé en 2002…

Au fond, Jean-Luc Mélenchon rêve de la politique comme Paul Amar avait voulu en faire, en 1995, posant une paire de gants sur la table lors d’un débat télévisé entre Jean-Marie Le Pen et Bernard Tapie. Une sorte de Chavez à la française quand il parle, à propos de sa candidature à Hénin-Beaumont, d’une « opération de nettoyage »… Pas un apprenti dictateur mais un caudillo d’opérette. Qui laisse de marbre la classe ouvrière mais séduit les troupes de fonctionnaires, révolutionnaires de pacotille, protégés par leur statut, hier fascinés par le « jeunisme » du postier de Neuilly, aujourd’hui subjugués par la gouaille d’un tribun qui fait rosir de plaisir les étudiantes dont les grandes sœurs rêvaient jadis, un poster de Che Guevara au-dessus de leur futon.

De la politique spectacle, la pire.

Electeurs du FN

Ainsi donc, les électeurs du Front national seraient de pauvres êtres, souffrants, dépassés par la crise, recroquevillés sur leur petit univers, en un mot : perdus. Et, bien sûr, récupérés, trompés, manipulés par Marine Le Pen et ses sbires. Une sorte de hold-up sur le malheur de ces sans-grades. Il ne resterait donc plus, à la droite « respectable » comme à la gauche « soucieuse du peuple », qu’à se pencher sur tout ce monde – près d’un électeur sur cinq, un beau pactole quand même – et, en se bouchant le nez, de les sortir des ornières dans lesquelles ils se sont fourvoyés.

Quel mépris pour les 17,9% des Français qui, dimanche, ont glissé le nom de Marine Le Pen dans les urnes ! Comme s’ils étaient des imbéciles, incapables de réfléchir, des benêts, des gogos sans cervelle. Des « braves gens » au fond, mais tout juste bons à agiter un drapeau bleu-blanc-rouge en éructant quelques slogans… mal compris, Dieu merci.

Qu’ils ne veuillent pas d’un pays qu’ils pourraient ne plus reconnaître, qu’ils s’inquiètent, chiffres à l’appui, d’une immigration hors de contrôle, qu’ils constatent que le chômage les frappe en premier lieu et non les fonctionnaires qui forment le gros des défilés syndicaux, qu’ils s’indignent de ces riches toujours plus riches, mais aussi de ces arnaqueurs aux prestations sociales, bref qu’ils adhérent – et même, figurez-vous, après y avoir réfléchi ! – aux thèses du Front national ne vient pas à l’esprit de nos politiciens.

Et s’ils ne proclament pas haut et fort qu’ils votent Marine Le Pen, ce n’est pas parce qu’ils en ont « honte » comme le répète à satiété une certaine presse, mais parce qu’ils savent ce qu’il peut en coûter – et d’abord sur le lieu de travail – de se réclamer des idées du Front national.

Cloués au pilori par un Bernard-Henri Lévy, allié de Nicolas Sarkozy sur le front libyen et de François Hollande sur le front électoral, « Un électeur sur cinq se reconnaît dans un programme débile, porté par un parti fétide », ils ne vont pas changer d’avis sur tous ceux qui leur font, une fois encore, la morale. Et ils auront raison.

2017

Marine Le Pen, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Cheminade auront donc réussi à sauver leur peau : ils ont, chacun, réuni les 500 parrainages nécessaires pour concourir à l’élection présidentielle. Le suspense reste entier pour ce qui est de Corinne Lepage et de Dominique de Villepin – même si l’on peut s’interroger sur la réelle détermination de ce dernier… Et déjà, on entend pérorer quelques-uns sur le thème : « On vous l’avait bien dit ; tout ça n’était que du cinéma ; ils les ont eues leurs signatures ; encore une façon de se faire de la pub ! »

Que certains – dont les plus « farfelus » pour reprendre le terme le plus usité – ne puissent se présenter, personne ne le conteste. Mais il ne s’agit pas de cela : avec le système actuel, c’est la classe politique qui finit par décider qui pourra et qui ne pourra pas être de la partie. C’est elle, celle-là même qui nous a conduit à la situation que nous connaissons – à force d’esquives, de lâchetés, de compromis miteux avec la réalité -, qui voudrait décider dans une sorte d’entre soi. Heureusement, des élus sont encore prêts à ruer dans les brancards et à ouvrir la porte à des « petits » candidats comme on dit de façon un peu méprisante. Au risque, on n’aura cessé de le répéter, de déplaire à ceux qui leur accordent les subventions dont nos villages ont tant besoin. Avec les conséquences qu’on imagine.

Les uns et les autres ont promis, du bout des lèvres, de changer les règles du jeu. On parle de « double parrainage », de « parrainages citoyens », de rétablir l’anonymat des signataires. Peu importe. Mais soyons vigilants : derrière cette affaire dont on ne se préoccupe qu’une fois tous les cinq ans, c’est l’avenir de notre démocratie qui se joue. Que voulons-nous ? Une « partitocratie » qui se coopte, qui se renvoie les ascenseurs, qui vit en vase clos ? Ou une démocratie dont les juges, les garants, les acteurs ne sont personne d’autres que les citoyens, vous et moi ? N’attendons pas 2017 pour choisir…

Volte-face

Nicolas Sarkozy vient de changer d’avis.

Cette fois, sur l’étiquetage de la viande halal. Il y est désormais favorable. Au grand dam des autorités religieuses, juive comme musulmane. Alors que son ministre de l’Agriculture soutenait le contraire, il y a quelques jours encore, jugeant cette mesure « stigmatisante ».

Une volte-face qui n’est sûrement pas étrangère à l’offensive menée par Marine Le Pen sur la vente, dans les circuits de distribution classique, de viandes provenant d’animaux égorgés sans étourdissement : en clair, égorgés à vif.

Nicolas Sarkozy vient de changer d’avis.

Cette fois, sur la possibilité pour les victimes de faire appel d’un jugement prononcé par une cour d’assises. Au grand dam des professionnels, de droite comme de gauche. Alors que son ministre de la Justice s’y était opposé lorsque certains parlementaires UMP l’avaient envisagé, expliquant que c’était au ministère public de prendre en charge le sort des victimes. Une volte-face qui n’est sûrement pas étrangère à l’offensive lancée par l’Institut pour la justice, un groupe de pression très efficace.

Nicolas Sarkozy vient de changer d’avis. Cette fois…

Victimes et procureurs

Qui ne condamnerait pas l’agression dont ont été victimes la journaliste Audrey Pulvar et son compagnon le député socialiste Arnaud Montebourg ? C’est inadmissible. Il faudrait mettre la main sur ces voyous et les sanctionner avec la plus extrême sévérité.

Qu’ils aient proféré des propos antisémites aggrave encore leur cas. Personne ne peut rester insensible à ces actes odieux. Et, bien entendu, je veux ici dire toute ma sympathie à l’égard de ma consœur et de son ami.

Mais quand Audrey Pulvar met en cause directement le Front national sous prétexte que ses agresseurs – « semble-t-il des personnes interdites de stade » précise-t-elle – ont hurlé des « Le Pen président », elle nous entraîne sur un autre terrain. Celui de la politique, de la politique partisane, de la politique politicienne.

Quand Arnaud Montebourg, toujours dans la nuance, affirme que cette agression  « témoigne d’un climat de libération d’une parole raciste et à connotation fascisante dans le parti de Marine Le Pen », il est, tout simplement, dans le procès d’intention : ses agresseurs lui auraient-ils présenté leurs cartes du FN ?

Quand le député PS, Jean-Marc Ayrault, poste un « Inadmissible, ça prouve qu’il faut combattre sans relâche le FN qui tente d’avancer masqué ; ce soir, il montre son vrai visage » c’est tout simplement odieux.

J’ai de la sympathie pour les victimes d’une agression inqualifiable, quelles qu’elles soient. J’en ai beaucoup moins pour les procureurs qui accusent sans preuve. Au pouvoir, ils nous réservent de drôles de procès…

Staliniens de service

Mediapart, le site dirigé par Edwy Plenel, a décidé de ne pas accueillir Marine Le Pen dans le cadre de ses émissions sur l’élection présidentielle. Nos grands démocrates ne veulent pas lui « offrir une tribune ».

Jusque là, rien que de très habituel : la même dialectique qui, jadis, justifiait aux yeux de nos trotskystes de « tirer comme des lapins » les marins de Cronstadt qui se révoltaient contre la dictature communiste en URSS, sert aujourd’hui – mais, Dieu merci, ils ne sont pas au pouvoir – à écarter ceux qui n’ont pas l’heur de leur plaire.

Seul point comique, l’argumentation avancée est parfois surréaliste : si Mediapart ne veut pas s’abaisser à recevoir la responsable du Front national, c’est – personne d’autre n’oserait l’écrire – parce que « depuis sa création, Mediapart n’a cessé d’être attentif au pluralisme d’idées, de débats, de projets » ! Attendez la suite : « Comme journalistes », continuent nos donneurs de leçons de déontologie, « nous pouvons revendiquer en toute indépendance de lui appliquer un traitement différencié. Le pluralisme, c’est aussi ce droit de choisir ».

Décidément, staliniens jusqu’au bout des ongles…

J’oubliais : le même Edwy Plenel s’élève contre la décision de la direction du FN de refuser l’entrée des journalistes du site à sa convention professionnelle. Au nom, bien sûr, de la liberté de la presse.

Comme l’écrit l’ancien magistrat Philippe Bilger, « Mediapart aurait le droit d’être sadique et sa victime le devoir d’être masochiste ? »…

Maccarthysme

Horreur et putréfaction ! Imaginez le scandale : le directeur des ressources humaines du groupe de presse féminine Marie Claire est lepéniste. Mais ce n’est pas tout, Marc Desgorces-Roumilhac – c’est le nom de cet horrible personnage – est également secrétaire adjoint de l’Institut pratique du journalisme, une de ces écoles qui forment les bataillons de reporters et autres professionnels de la plume, du micro et de la caméra, chargés de nous informer.

Pire que le loup dans la bergerie, la bête immonde dans le saint des saints de cette noble profession.

Mais fort heureusement, Libération, toujours à l’affût, toujours prêt à se lancer dans une chasse aux sorcières, a su débusquer le nom de ce triste sire dans le comité de soutien de Marine Le Pen. Aussitôt, le groupe Marie Claire s’est fendu d’un communiqué dénonçant une « démarche » qui « ne correspond absolument pas aux valeurs du groupe ». Et, pour une fois, abandonnant la lutte des classes, le SNJ-CGT salue la noble direction en question pour une « initiative rare et donc remarquable ». Avant d’en rajouter une couche : on s’en doutait, notre DRH lepéniste défendrait des « positions réactionnaires et antisyndicales »…

Tout cela est pitoyable. On n’ose imaginer les mêmes au pouvoir, disposant d’autres capacités de nuisance. Que je sache, on ne les a jamais vus faire preuve d’une telle vigilance à l’égard des staliniens et autres gauchistes de tous poils. Il faut dire qu’aujourd’hui ex-trotskystes et ex-maoïstes ne sont pas dans les médias mais à la tête des médias !

Patrons, syndicalistes mais surtout… maccarthystes.