Soutenir Valls !

Il faut le dire sans hésiter, sans tergiverser : Manuel Valls mène une politique juste et courageuse quand il fait appliquer les décisions de justice concernant le démantèlement des regroupements illégaux de Roms, réduits à vivre dans des conditions d’insalubrité inacceptables. La droite devrait d’ailleurs l’applaudir sans retenue. Au risque, sinon, d’apparaître pour des politiciens guidés par leurs seuls intérêts partisans. Elle devrait également soutenir le ministre de l’Intérieur face aux déclarations sentencieuses de Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission européenne en charge de la Justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté (ouf !), qui veut placer la France « sous surveillance » ! La même qui, rappelez-vous, avait osé, concernant la politique de Nicolas Sarkozy vis-à-vis des Roms, cette comparaison : « Nous avons de sinistre mémoire les déportations pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors recommencer cela, ce serait la fin de l’Europe »

Je sais, comme vous, qu’il n’y a pas si longtemps, notre gauche bien-pensante aurait grimpé aux rideaux si ces opérations contre des camps roms avaient été menées par Claude Guéant. J’ai, comme vous, encore en tête les cris d’orfraie d’une Martine Aubry s’émouvant des expulsions de Roms alors qu’au même moment, elle demandait l’évacuation d’un camp construit en périphérie de Lille… Je ne suis pas sûr, comme vous, que la mise en place des quinze premières Zones de sécurité prioritaire et la création de 500 postes supplémentaires dans les forces de sécurité cette année suffisent à régler nos problèmes de violence. Mais, comme vous, je ne supporte plus ces donneurs de leçons qui voudraient accueillir tous les Roms de la terre mais… pas trop près de chez eux. Ceux-là même qui vous traitent de xénophobes si vous rappelez que les actes de délinquance perpétrés par des Roms – pardon par des Roumains – à Paris ont augmenté de 259% en 18 mois (chiffre 2011) mais vérifient dans quelle poche se trouvent leur portefeuille et leur portable dès qu’une de ces adorables petites Roms les frôle dans le métro…

Alors que faire ? Dire et redire qu’il en va d’abord de la responsabilité de la Roumanie et de la Bulgarie, manifestement peu soucieuses de prendre cette question à bras le corps, c’est le moins qu’on puisse dire. Et puis, ne pas laisser croire qu’il suffirait – comme veut nous en persuader une partie de la gauche assez mal dans ses baskets face à la détermination de Manuel Valls – de lever « les mesures qui restreignent l’accès des ressortissants roumains et bulgares au marché du travail français ». Comme si les presque trois millions de chômeurs n’existaient pas. Comme si les Roms concernés allaient chercher du travail. En tout cas, celui que pourrait leur proposer Pôle emploi…
Juste un conseil : que tout ce petit monde aille, de toute urgence, revoir « Le temps des gitans », le chef-d’œuvre d’Emir Kusturica.

PS/ Audrey Pulvar, aujourd’hui à la tête des Inrocks, est dans son rôle de grande vigie de la gauche quand elle lance un « Cher François (Hollande), on n’a pas voté pour ça ». Remarquez, c’est facile : elle ne doit pas en croiser beaucoup en rentrant chez elle, dans l’appartement de fonction de son chéri, au ministère de l’Economie et des Finances, à Bercy.

En vrac…

Parfois, des informations vous bousculent, vous sautent à la gorge. Elles ne sont pas de même nature mais vous obligent à interroger, à vous interroger.

Michelle Martin, l’ex-femme de Marc Dutroux, va retrouver la liberté. Elle a été autorisée à séjourner dans un couvent des sœurs clarisses, près de Namur. Condamnée à 30 ans de réclusion, elle en aura passé 16 en prison. Ancienne institutrice, Michelle Martin a séquestré plusieurs des jeunes victimes de Marc Dutroux, et laissé mourir de faim Julie Lejeune et Melissa Russo, âgées de huit ans, emmurées vivantes dans un cachot aménagé dans sa maison. Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie, l’a redit : « Elle a eu mille fois l’occasion d’ouvrir la porte de la cache et de libérer les petites. » Elle ne l’a pas fait. Emmurées vivantes…

Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, l’a affirmé au micro de Europe 1 : il continuera à procéder au démantèlement des camps de Roms « chaque fois qu’il y a une décision de justice ». Aussitôt, le vice-président de la Ligue des droits de l’homme, Malik Salemkour, évoque une « grande déception ». Avant d’ajouter : « Il n’y a pas de « problème Roms » en France, nous parlons de quelques dizaines de milliers de personnes qui sont visibles parce que victimes de stigmatisation par la précédente majorité. » Pas de problème Roms…

Lu dans Le Monde à propos des polémiques autour de la nouvelle méthode de recensement mise en place par l’Insee. Pour expliquer que la France soit le seul Etat à avoir adopté un système par sondage, contrairement à d’autres pays qui tiennent, pas exemple, des registres de population, le journaliste écrit : « En raison de son passé récent, rappelé lors du 60e anniversaire de la rafle du Vel’d’Hiv, la France se montre historiquement rétive à ce type de registre. » Historiquement rétive…

Blancs, white, blancos

Encore un chiffre stupéfiant, avancé par la démographe Michèle Tribalat : en Seine-Saint-Denis « 19 % des moins de 18 ans étaient d’origine étrangère en 1968, ils étaient 57 % en 2005 et probablement encore plus aujourd’hui. » Et que fait le ministre de l’Intérieur face à ce qu’il faut bien appeler une immigration de peuplement ? Il annonce qu’il va revenir sur les critères de naturalisation mis en place par son prédécesseur afin que l’acquisition de la nationalité française cesse d’être, dit-il, une « course d’obstacles ». Regrettant que le nombre de naturalisations soit « en chute libre », il se propose d’en finir avec la loi de juin 2011 qui exige notamment une maîtrise de la langue équivalent à un niveau de troisième, une connaissance minimale de la culture et de l’histoire de la France, et la signature d’une charte « des droits et des devoirs du citoyen ».

Des critères qui ne me semblent pas le moins du monde « scandaleux » ni même « arbitraires », et ne relevant aucunement d’une sorte de loterie comme voudrait nous le faire croire le locataire de la place Beauvau. Malgré ses dernières déclarations, Manuel Valls ne me semblant pas un idéologue totalement étranger au monde réel – n’avait-il pas déclaré, en 2009, alors maire d’Evry, « vouloir plus de « Blancs, de white, de blancos » sur le marché de sa ville… – je me permets donc de le renvoyer, une fois encore, aux analyses de Michèle Tribalat. Selon elle, « La pression et les exigences qui s’expriment côté musulman dans une société prêchant la tolérance et l’ouverture aux autres ont toutes les chances de finir par s’imposer là où ils forment une minorité conséquente. »

Est-ce bien cela que souhaite notre ministre ? Est-ce opportun à l’heure où – certains diront, bien sûr, qu’il n’y a aucun rapport – le nombre de demandeurs d’emploi a encore progressé, en juin, de 0,8%. Soit 23.700 chômeurs supplémentaires. Mais pas de problème, continuons à ouvrir nos frontières, à naturaliser, à accueillir et à régulariser les sans-papiers !

PS/ Un de mes lecteurs me reproche, alors que j’ai critiqué Madonna à propos de cette croix gammée sur le visage de Marine Le Pen, de défendre une liberté d’expression « à géométrie variable ». Je ne le pense pas. C’est pourquoi j’avais précisé dans ce billet, concernant la plainte déposée par la responsable du Front national : « C’est son droit ». Laissant entendre que ce n’est pas, selon moi, la bonne méthode : si l’on devait faire des procès à tous les imbéciles… J’aurais dû être plus explicite. J’en prends acte.

« Il voulait me tuer »

Si la peine plancher avait été appliquée à celui qui devait les tuer quatre jours plus tard, les deux jeunes femmes gendarmes abattues à Collobrières, dans le Var, auraient été sauvées. Et oui, Abdallah Boumezaar, jugé le 13 mai en comparution immédiate pour des violences sur sa mère, n’a été sanctionné que de… six mois de prison avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve. Au lieu des deux années qu’une peine plancher appliquée avec rigueur lui aurait values ! Aujourd’hui, si les magistrats n’avaient pas fait preuve d’une telle mansuétude, Alicia Champlon et Audrey Berthaut seraient en vie. Et deux enfants ne pleureraient pas leur mère.

Six mois de prison avec sursis pour un homme déjà condamné pour trafic de drogue, vol, violence. Six mois de prison avec sursis pour un voyou déjà détenu pendant six années derrière les barreaux. Six mois de prison avec sursis pour un multirécidiviste qui venait de s’en prendre à sa propre mère : « Il est malade, mon fils » a-t-elle raconté, « il m’a frappée, fracassé la tête contre une porte. J’ai porté plainte. Il voulait me tuer. »

Je ne dirai rien ici des magistrats de Toulon qui ont prononcé cette « condamnation ». Je rappellerai simplement que la gauche veut supprimer les peines planchers, toutes les peines planchers pour les délinquants déjà condamnés. Cette même gauche qui s’apprête à rayer d’un trait de plume la « rétention de sécurité », c’est-à-dire la possibilité de maintenir en prison de grands criminels – sexuels notamment – à la fin de leur peine, s’ils s’avèrent toujours dangereux… Les mêmes toujours qui veulent se débarrasser des tribunaux correctionnels pour les mineurs de 16 à 18 ans, récidivistes, susceptibles de se voir condamner à plus de 3 ans de prison… Cette gauche enfin qui veut imposer aux policiers et aux gendarmes d’établir une attestation chaque fois qu’ils procèdent à un contrôle d’identité, les soupçonnant de pratiquer des « contrôles aux faciès », bref d’être d’horribles racistes…

Que Christiane Taubira, la garde des Sceaux, applaudisse des projets mettant en cause, ni plus ni moins, notre sécurité, je n’en suis pas étonné tant elle incarne le laxisme, la politique de l’excuse, la mauvaise conscience propre à toute une partie de la gauche. Mais Manuel Valls ? Maire d’une ville de banlieue, il a fait entendre, dans le passé, un son de cloche bien différent. Installé Place Beauvau, il se tait. Inquiétant.

L’historien Martin Malia expliquait à propos de l’Union soviétique :

Le socialisme intégral n’est pas une attaque contre des abus spécifiques du capitalisme mais contre la réalité. C’est une tentative pour abroger le réel…

Nous n’en sommes pas là, bien sûr. Mais nous en empruntons le chemin.

Sexe-shop

C’était la fête samedi soir, au bar-club « J’ose », rue Saint-Denis, dans le deuxième arrondissement de Paris. Pour son anniversaire, le député Julien Dray avait invité ses copains socialistes : « Je compte vivement sur votre présence et il va s’en [sic] dire qu’aucune excuse et aucune absence ne sera tolérée ou acceptée. Bises et à samedi. Juju »

Du coup, ils étaient près de 150 dans cet ancien sex-shop d’une des rues chaudes de la capitale. Et parmi eux, un « expert » : Dominique Strauss-Kahn. Un DSK très à l’aise si l’on en croit les confidences et les photos postées sur Twitter par les invités de Juju. Un DSK que Manuel Valls, le directeur de la communication de la campagne Hollande, est venu saluer alors que Pierre Moscovici – pourtant l’un de ses très, très proches (mais, c’est vrai, les vents ont tourné…) – et Ségolène Royal ont tout fait pour éviter. Quant à Jean-Pierre Elkabbach, présent lui aussi, a-t-il serré ou pas la main de la vedette du soir, l’histoire ne le dit pas…

Tout cela fait un peu désordre, il faut bien le dire : champagne et petits fours avec l’abonné aux juges d’instruction en pleine campagne pour la « moralisation de la vie politique »… On n’ose imaginer que la droite ait commis un « impair » du même acabit… Les gazettes, Libé et Mediapart en tête, en auraient fait des gorges chaudes et des unes dévastatrices.

Mais les fêtard socialistes ne manquent pas d’humour :

Il y a eu un mouvement de foule lorsqu’il est sorti, a raconté un participant aux journalistes du Parisien. Tout le monde voulait faire des photos alors on l’a fait poser devant le restaurant « La Mémé », sur le trottoir d’en face, pour éviter d’avoir des sex-shops en arrière-plan…

La soirée a continué jusqu’à 3 heures du matin. Les voisins, qui en ont eu marre, ont alors appelé la police.

Antisémitisme

Et si l’on cessait de nier l’évidence ? Si l’on regardait, enfin, les choses en face ?

Oui, se développe dans nos banlieues un antisémitisme porté par de jeunes musulmans.

Et il n’est pas marginal, comme voudraient nous le faire croire nos politiciens. Enfin, pas tous, c’est vrai. Manuel Valls le dit, lui, haut et fort :

L’antisémitisme est profondément ancré dans certaines banlieues.

Il est député-maire d’Evry et, comme de nombreux élus de banlieue, il lui est difficile de se murer dans le déni de réalité que pratique la classe politique… à gauche comme à droite.

Cet antisémitisme est une sorte de produit d’importation. On se prend pour un jeune Palestinien, on singe l’Intifada, on répète des slogans entendus sur des chaînes d’information du monde arabe ou pêchés dans les bas fonds d’Internet.

Rien de tout cela ne peut servir d’excuses. Pas plus que les familles éclatées, les services sociaux désemparés, réduits au minimum, ou encore les difficultés rencontrées pour trouver un emploi ne peuvent être invoqués comme autant de « circonstances atténuantes ».

Tariq Ramadan se trompe quand, à propos de Mohamed Merah, il écrit sur son blog : « Un pauvre garçon, coupable et à condamner, sans l’ombre d’un doute, même s’il fut lui-même la victime d’un ordre social qui l’avait déjà condamné, lui et des millions d’autres, à la marginalité, à la non reconnaissance de son statut de citoyen à égalité de droit et de chance. »

A ceux qui douteraient encore de la réalité, de la prégnance de ce nouvel antisémitisme, je renvoie aux témoignages d’enseignants qui ont dû, devant l’hostilité de certains élèves, renoncer à faire observer la minute de silence pour les jeunes victimes juives de la tuerie de Toulouse !

Ainsi, dans Libération, Laurence, une éducatrice de 47 ans dans un quartier difficile de Toulouse justement, explique :

L’antisémitisme est ancré de façon incroyable. Cela fait dix ans que j’entends des choses choquantes. C’est la nausée.

La nausée, dit-elle. N’y ajoutons pas l’hypocrisie de ceux qui ne veulent pas voir.

Angle mort

Revenir sur la tuerie de Toulouse.

S’agit-il d’un simple fait divers – même s’il est particulièrement sordide, violent, horrible – qui relève d’une dérive personnelle ?

Mohamed Merah n’étant au fond, comme l’a décrit Nicolas Sarkozy, qu’un « fanatique », un « monstre ». Du coup, pas besoin de s’interroger davantage. « Chercher une explication (…) serait une faute morale. » en a même conclu le Chef de l’Etat. Commode et rassurant.

Autre approche, que résume assez bien Razzy Hammadi, secrétaire national du Parti socialiste :

Pourquoi ce gamin qui était français et non pas parachuté par une force obscure depuis l’étranger, s’est-il identifié à des combats qui n’ont rien à voir avec les nôtres et est devenu un tueur ? Cela mérite qu’on s’interroge.

Et d’ajouter, judicieusement :

Nos dirigeants ne vivent pas dans les milieux qui produisent ce genre de profil. Ça crée un angle mort.

Incommode et peu rassurant.

Alors, comment expliquer les gestes de Mohamed Merah ? Par l’habituel recours à des quasi-excuses psycho-sociologiques ? Du genre « famille désunie », « enfance difficile », « influence du milieu carcéral », etc.

On en finirait par nous dire que l’intégrisme n’existe pas et qu’il n’y a que des problèmes de société.

Ou faut-il, enfin, prendre à bras le corps d’autres questions autrement plus dérangeantes pour les uns et les autres : assiste-t-on à une islamisation des banlieues avec son lot de folles dérives ?

Le vieil antisémitisme n’est-il pas supplanté par une nouvelle haine anti-juive, un antisémitisme « profondément ancré dans certaines banlieues » pour reprendre les mots de Manuel Valls, un autre socialiste, élu justement de ces mêmes banlieues ? Et même oser s’interroger : n’était-il pas un peu naïf d’affirmer qu’une immigration étrangère porteuse d’islam ne pose pas problème dans une Europe vieillissante ? Une question, je le sais, qui vaut de se voir immédiatement taxé d’islamophobe par certains…

Et si ces questions sont légitimes, contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, ne serait-il pas temps de s’interroger sur ces regroupements familiaux, sur cette immigration massive qui alimente ici, chez nous, des ghettos, des mentalités de ghettos, une violence de ghettos, un islam de ghetto qui pourraient faire d’un Mohamed Merah non pas une sorte d’exception, – on parle quand même de 300 à 500 djihadistes dans notre pays ! – mais le signe avant-coureur d’un possible basculement ?