Volte-face

Nicolas Sarkozy vient de changer d’avis.

Cette fois, sur l’étiquetage de la viande halal. Il y est désormais favorable. Au grand dam des autorités religieuses, juive comme musulmane. Alors que son ministre de l’Agriculture soutenait le contraire, il y a quelques jours encore, jugeant cette mesure « stigmatisante ».

Une volte-face qui n’est sûrement pas étrangère à l’offensive menée par Marine Le Pen sur la vente, dans les circuits de distribution classique, de viandes provenant d’animaux égorgés sans étourdissement : en clair, égorgés à vif.

Nicolas Sarkozy vient de changer d’avis.

Cette fois, sur la possibilité pour les victimes de faire appel d’un jugement prononcé par une cour d’assises. Au grand dam des professionnels, de droite comme de gauche. Alors que son ministre de la Justice s’y était opposé lorsque certains parlementaires UMP l’avaient envisagé, expliquant que c’était au ministère public de prendre en charge le sort des victimes. Une volte-face qui n’est sûrement pas étrangère à l’offensive lancée par l’Institut pour la justice, un groupe de pression très efficace.

Nicolas Sarkozy vient de changer d’avis. Cette fois…

Halal

C’est incroyable la capacité de nos élites – le mot est à la mode, je sais – à ne pas regarder les faits qui les dérangent. Comme une sorte de village Potemkine mental.

Prenez cette affaire de viande halal. Au fond, les choses sont claires : on met en vente, en France, bien plus de viande halal que l’on en consomme. Cela coûte moins cher de tuer une bête de cette façon rituelle – pas besoin de l’étourdir – et cela évite de mettre en place, dans le même abattoir, deux filières, l’une halal, l’autre pas. Du coup, cela arrange tout le monde qu’il ne soit pas obligatoire d’étiqueter cette viande en précisant la façon dont on a tué les bêtes.

Bref, vous pouvez manger halal sans rien en savoir.

Et, manifestement, cela ne dérange pas grand monde parmi nos politiques. En général, les mêmes ne cessent pourtant d’exiger toujours plus de transparence… mais, dans ce domaine, il ne s’agirait pas de donner l’impression de montrer du doigt une communauté en particulier. Même si, en l’occurrence, les seuls fautifs sont ces abattoirs qui veulent, tout simplement, faire des économies.

Alors pourquoi ne pas le dire ? Et oui, c’est la frousse, la peur d’être taxé de je ne sais quoi, ce politiquement correct qui fait qu’on vire de l’UMP un Christian Vanneste qui ne fait que dire la vérité. Mais, ma bonne dame, il ne faudrait pas se faire épingler par la communauté gay ou, du moins, certains de ses activistes toujours prêts à partir à la chasse aux mal-pensants.

En attendant, des bêtes meurent égorgées à vif.
Et je n’ai même pas le droit de refuser qu’elles finissent dans mon assiette…