Reine des pink carpets

Consternant, le dernier éditorial de Valérie Toranian, la directrice de la rédaction du magazine Elle.

Revenant sur la polémique qui a agité la Toile à la suite d’un article faisant l’éloge d’une nouvelle génération de « fashionistas noires américaines » (sic) qui sont devenues « les reines des red carpets » (re sic) et accusé de n’être rien moins que « raciste », notre consœur se livre à un grand exercice d’autoflagellation, à une autocritique en règle qui prêterait à rire, s’il n’était un condensé de ce que notre petit milieu féministe et bobo produit de plus rance.

On a droit à un mea culpa pour des phrases « malheureuses », « maladroites », sans oublier des « raccourcis qui font mal ». Aussi, elle, son journal et même elle et son journal sont « désolés », expriment leurs « sincères excuses ». Mais tout cela, je vous rassure, n’aura pas été inutile : notre pénitente a pris conscience que les « stéréotypes », les « préjugés », les « clichés » agissaient en toute inconscience, y compris, vous vous rendez compte, à Elle.

Un journal, pourtant, vous le savez – mais elle le rappelle au cas où vous l’auriez oublié –, avant-garde éclairée « des combats et des engagements pour les femmes » et, dans la foulée, pour « une société plus juste, plus tolérante, plus égalitaire, plus mixte ». N’en jetez plus.

Tout ça parce qu’une « reine des pink carpets » et ses étranges lunettes noires a lancé sa énième fatwa au nom de la lutte contre l’hydre raciste, ce monstre à mille têtes qu’elle a juré de pourchasser et, avec l’aide de son compagnon bientôt, qui sait, ministrable, de terrasser.

Dans ce combat de géants mené, chaque matin, depuis ce fortin de la résistance au sarkozysme qu’est France inter, elle vient donc de remporter une nouvelle victoire. Valérie Toranian s’est prosternée, s’est quasiment jetée à ses pieds, implorant pardon. Magnanime, notre Michèle Obama à la française – et oui, elle se rêve ainsi – l’épargnera, lui pardonnera, pour cette fois en tout cas. On respire dans Saint-Germain-des-Prés.