Halal

C’est incroyable la capacité de nos élites – le mot est à la mode, je sais – à ne pas regarder les faits qui les dérangent. Comme une sorte de village Potemkine mental.

Prenez cette affaire de viande halal. Au fond, les choses sont claires : on met en vente, en France, bien plus de viande halal que l’on en consomme. Cela coûte moins cher de tuer une bête de cette façon rituelle – pas besoin de l’étourdir – et cela évite de mettre en place, dans le même abattoir, deux filières, l’une halal, l’autre pas. Du coup, cela arrange tout le monde qu’il ne soit pas obligatoire d’étiqueter cette viande en précisant la façon dont on a tué les bêtes.

Bref, vous pouvez manger halal sans rien en savoir.

Et, manifestement, cela ne dérange pas grand monde parmi nos politiques. En général, les mêmes ne cessent pourtant d’exiger toujours plus de transparence… mais, dans ce domaine, il ne s’agirait pas de donner l’impression de montrer du doigt une communauté en particulier. Même si, en l’occurrence, les seuls fautifs sont ces abattoirs qui veulent, tout simplement, faire des économies.

Alors pourquoi ne pas le dire ? Et oui, c’est la frousse, la peur d’être taxé de je ne sais quoi, ce politiquement correct qui fait qu’on vire de l’UMP un Christian Vanneste qui ne fait que dire la vérité. Mais, ma bonne dame, il ne faudrait pas se faire épingler par la communauté gay ou, du moins, certains de ses activistes toujours prêts à partir à la chasse aux mal-pensants.

En attendant, des bêtes meurent égorgées à vif.
Et je n’ai même pas le droit de refuser qu’elles finissent dans mon assiette…

Insupportable

C’est définitivement acté, Christian Vanneste est homophobe. Il doit être dénoncé, condamné, viré et, si on le peut, brûlé sur la place publique. Pourquoi ? Parce qu’il a parlé d’une « légende » à propos de la déportation des homosexuels français pendant la seconde guerre mondiale.

Depuis, c’est l’hallali. A gauche bien sûr, au sein des organisations gays cela va de soi, mais aussi dans les rangs de la droite, à de très rares exceptions. Il a perdu son investiture UMP pour les prochaines législatives et devrait être exclu du parti présidentiel dans les jours qui viennent. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs fustigé des « propos blessants » qui « tirent tout le monde vers le bas ».

Mais, c’est vrai, comment défendre un député qui a déjà tenu, rappelle la meute des politiciens et des journalistes lancée à ses trousses, des propos homophobes qui lui ont valu d’être poursuivi dans le passé. Poursuivi, certes, mais aussi… blanchi de ces accusations par la Cour de cassation ! Ses procureurs se gardent bien de le rappeler…

S’il n’est pas homophobe, il reste à tout le moins négationniste, comme l’accuse notre bon secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu.

Serge Klarsfeld, avocat de la cause des déportés en France et peu suspect de complaisance à l’égard de quiconque mettrait en doute un aspect de la barbarie nazie, explique pourtant à ce sujet : « De France, il n’y a pas eu de déportation d’homosexuels. (…) En Allemagne oui, mais pas en France. Les lois allemandes n’ont pas été étendues à d’autres pays. Il n’a jamais été question de déporter des homosexuels français. Je n’ai jamais entendu dire que l’on arrêtait des gens parce qu’ils étaient homosexuels. (…) Les personnes homosexuelles qui ont pu être arrêtées en France ne l’ont pas été en raison de leur homosexualité. Il y a certainement eu des homosexuels déportés mais pour d’autres raisons. (…) Ceux qui soutiennent qu’il y a eu une déportation diront qu’il y en a eu 2 ou 3 mais en Alsace ! Or, l’Alsace était considérée comme allemande à l’époque ! » Et de conclure : « Demander son exclusion de l’UMP pour ce motif me paraît tout à fait ridicule car ce qu’il a dit n’est pas inexact ! C’est la vérité qui m’intéresse et je dirais cela à tous les médias, qu’ils soient de gauche ou de droite. »

Qu’ajouter ? Oui, Christian Vanneste est parfois maladroit dans ses formulations. Oui, à force de se voir accoler systématiquement l’étiquette « homophobe », il en vient à voir un « lobby gay » derrière toutes les mises en cause. Mais rien ne saurait justifier pareille mise à mort. Christian Vanneste a dit la vérité. Cette vérité, ses procureurs ne veulent pas l’entendre.