Comme une nausée

Avenue du Maréchal-Maunoury, chez les Sinclair, ou chez les Sarkozy, juste de l’autre côté de la Seine, les couples se lancent des invitations. “Plus souvent chez moi”, plaisante Nicolas Sarkozy. Ils se croisent ailleurs, chez Jacques Attali, qui a élu domicile juste en face de la mairie de Neuilly (…) Quand Alain Minc et sa femme dînent également autour de la table, le conseiller du Tout-Paris soupire souvent, moqueur : “En vous entendant, on se demande vraiment qui est le maire de Sarcelles et qui est le maire de Neuilly”. (…) En 2007, Bernard-Henri Lévy, l’ami d’Anne et le compagnon de ski de Nicolas Sarkozy, s’est rallié à Ségolène Royal, après sa victoire à la primaire. Faute de mieux, a-t-il expliqué à son ami Dominique.

Juste quelques lignes du livre de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, « Les Strauss-Kahn » (éditions Albin Michel). Quelques lignes qui me donnent la nausée. Et l’envie qu’on les chasse tous, qu’on se débarrasse enfin de ce landerneau parisien qui nous a trop longtemps régenté, abusé, dupé.

Ils sont du même moule, un mélange d’arrogance et de fric. Leurs étiquettes politiques n’ont aucune importance. Elles ne servent qu’à faire carrière. Elles se gèrent comme une part de marché. Et leurs divergences, tout juste un attrape-nigaud.

De droite comme de gauche, ils ne se soucient que d’eux. Leurs prises de position n’ont d’autres objectifs que de les servir. Les malheurs du monde ne sont qu’un décor pour les mettre en scène, les mettre en valeur.

Oui, je rêve d’un grand coup de balai, d’une opération « mains propres », d’une nouvelle nuit du 4 août 1789, d’un tsunami qui engloutisse ce vieux monde. Je rêve que nous puissions enfin respirer loin d’eux, sans eux.

Allez, encore trois lignes du même livre :

Quelques mois plus tôt, Hollande a lu dans Paris Match un portrait élogieux d’Anne Sinclair qui raconte tout à trac son bonheur de “jeune couple” à Washington. Là-bas, riait-elle, pas de “circonscription à visiter », pas de “Fête de la rose à Trifouillis-les-Oies…”

Quel mépris !

Dans le même lit…

Voilà un sondage qui n’a pas fait la une des médias ! Et pour cause : selon une enquête réalisée par TNS Sofres/Marcie Media, 40% des Français interrogés pensent que les médias ont « plutôt favorisé François Hollande au détriment de Nicolas Sarkozy ». Ils sont seulement 10% à penser le contraire.

Vous me direz qu’il suffisait d’allumer son poste de télévision, de tendre l’oreille ou de parcourir les journaux pour que la réalité vous saute au visage. Les médias, dans leur immense majorité, ont pris fait et cause pour le candidat socialiste. A l’image de ceux qui y travaillent : des journalistes biberonnés à cette idéologie faite d’excuses pour les voyous, d’envie à l’égard des riches, de jalousie pour le talent, de lâcheté envers les puissants, de culte des victimes, de goût pour la modernité et de dégoût pour des valeurs toujours « archaïques ».

Quand vous ajoutez à cela les liens incestueux entre journalistes et politiques… Des liens toujours plus serrés puisque, selon Libération, les couples homme de pouvoir/femme de plume ou d’image sont au nombre de trois parmi ceux qui siègent au gouvernement, sans parler, bien sûr, du tandem François Hollande/Valérie Trierweiler. Et oui, en plus des emblématiques Audrey Pulvar/Arnaud Montebourg, on « découvre » que Michel Sapin, le ministre du Travail, a pour épouse Valérie de Senneville, en charge de la rubrique justice des Echos. Et que Vincent Peillon, le ministre de l’Education nationale, est marié à une journaliste du Nouvel Observateur.

Ce n’est pas propre à la gauche, me ferez-vous remarquer. Et vous avez raison ; nous avons à droite le couple Béatrice Schoenberg/Jean-Louis Borloo. Et deux autres – Christine Ockrent/Bernard Kouchner et Anne Sinclair/Dominique Strauss- Kahn – dont on ne sait plus bien où les classer. Et je ne parle pas des amours clandestines, des couples occasionnels, des rencontres de vacances, des aventures sans lendemain, des coucheries d’un soir, des coups de foudre plus ou moins intéressés…

Mais le sexe n’est pas tout. Il y a aussi ces complicités, ces renvois d’ascenseurs, ces échanges de bons procédés, ces fréquentations pleines d’arrière-pensées, ces livres d’entretien essentiels dans une stratégie de com’ – Claire Chazal interrogeant Edouard Baladur, Edwy Plenel conversant avec François Hollande… – tout ce fratras qui a produit, sécrété une petite oligarchie politico-médiatique, une des plaies de notre démocratie percluse de mauvaises habitudes et de nouveaux travers.

P.S. Encore un sondage : 54% des Français estiment qu’une journaliste doit « arrêter d’exercer son métier » en cas de relation avec un homme politique. Ils sont 55% à penser la même chose quand il s’agit d’un journaliste partageant la vie d’une femme politique. Le bon sens même…