Contre le mariage gay 

Dieu merci, le Parti radical de gauche ne pèse pas lourd sur la scène politique. On avait déjà entendu Jean-Michel Baylet, son chef de file, faire l’apologie de la légalisation du haschich au moment des primaires socialistes ; cette fois, nos radicaux s’en prennent à l’Eglise. Alors que le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, a invité tous les fidèles à prier pour que « les enfants et les jeunes (…) puissent bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère », le secrétaire national à la laïcité du PRG est monté sur ses grands chevaux, vitupérant « l’Eglise [qui] n’a aucune légitimité démocratique pour s’immiscer dans le débat politique en France ».

Soyons sérieux ! Bien sûr que l’Eglise est dans son rôle. Il serait même confondant qu’elle ne dise pas son opposition au mariage homosexuel et à l’adoption par des couples du même sexe. Et, contrairement à ce que disent les représentants auto-proclamés du lobby gay, cette prière n’est pas « un terreau pour la discrimination et pour l’homophobie ». On a le droit, ne leur en déplaise, d’être opposé au mariage gay sans pour autant être homophobe. On peut combattre les discriminations dont sont encore victimes trop d’homosexuels sans approuver ce nouveau pas dans la destruction méthodique de la famille.

Contrairement à ce qu’on nous sermonne, ce n’est pas là un combat « d’arrière-garde ». Ce n’est pas parce que d’autres pays occidentaux ont légalisé mariage et adoption homosexuels, que nous devons le faire à notre tour. La Suède ou les Pays-Bas seraient donc les temples de la modernité, les exemples à suivre ? Etonnante argumentation déjà servie dans d’autres dossiers ! Un des derniers en date étant justement la légalisation des drogues dites « douces », chère au Président des Radicaux de gauche…

Autre argument des pro-mariage gay : moins de la moitié des couples français sont « légaux » (44% seulement sont mariés et 2% pacsés, selon Le Monde). Il n’y aurait donc plus de « modèle unique ». Et alors ? Quel rapport avec le fait de vouloir en finir avec un modèle de lignage, de filiation qui structure nos sociétés depuis toujours ? Le mariage n’est pas, que je sache, la simple légalisation d’un rapport affectif.

Reste la dernière banderille plantée dans le dos de l’Eglise : « En quoi deux hommes ou deux femmes seraient moins capables qu’un homme et une femme d’éduquer des enfants ? » Là, j’ai le vague sentiment qu’on me prend pour un imbécile. Comme s’il s’agissait de cela ! Comme s’il s’agissait de capacité individuelle à éduquer ! Non, il est question de l’impérieuse nécessité pour un enfant de disposer d’un père et d’une mère, comme il est, que je sache, toujours besoin d’un homme et d’une femme pour faire un enfant. Mais que pèse l’intérêt d’un enfant face à la tyrannie du droit des adultes à assouvir leurs désirs, tous leurs désirs ?

Au fond, on est pour le mariage et l’adoption homos parce que c’est dans l’air du temps, parce qu’on ne veut pas être taxé de ringard, parce que c’est mainstream. Quand j’étais jeune, on disait qu’il fallait « être dans le vent ». Comme une feuille morte.

Soutenir Valls !

Il faut le dire sans hésiter, sans tergiverser : Manuel Valls mène une politique juste et courageuse quand il fait appliquer les décisions de justice concernant le démantèlement des regroupements illégaux de Roms, réduits à vivre dans des conditions d’insalubrité inacceptables. La droite devrait d’ailleurs l’applaudir sans retenue. Au risque, sinon, d’apparaître pour des politiciens guidés par leurs seuls intérêts partisans. Elle devrait également soutenir le ministre de l’Intérieur face aux déclarations sentencieuses de Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission européenne en charge de la Justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté (ouf !), qui veut placer la France « sous surveillance » ! La même qui, rappelez-vous, avait osé, concernant la politique de Nicolas Sarkozy vis-à-vis des Roms, cette comparaison : « Nous avons de sinistre mémoire les déportations pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors recommencer cela, ce serait la fin de l’Europe »

Je sais, comme vous, qu’il n’y a pas si longtemps, notre gauche bien-pensante aurait grimpé aux rideaux si ces opérations contre des camps roms avaient été menées par Claude Guéant. J’ai, comme vous, encore en tête les cris d’orfraie d’une Martine Aubry s’émouvant des expulsions de Roms alors qu’au même moment, elle demandait l’évacuation d’un camp construit en périphérie de Lille… Je ne suis pas sûr, comme vous, que la mise en place des quinze premières Zones de sécurité prioritaire et la création de 500 postes supplémentaires dans les forces de sécurité cette année suffisent à régler nos problèmes de violence. Mais, comme vous, je ne supporte plus ces donneurs de leçons qui voudraient accueillir tous les Roms de la terre mais… pas trop près de chez eux. Ceux-là même qui vous traitent de xénophobes si vous rappelez que les actes de délinquance perpétrés par des Roms – pardon par des Roumains – à Paris ont augmenté de 259% en 18 mois (chiffre 2011) mais vérifient dans quelle poche se trouvent leur portefeuille et leur portable dès qu’une de ces adorables petites Roms les frôle dans le métro…

Alors que faire ? Dire et redire qu’il en va d’abord de la responsabilité de la Roumanie et de la Bulgarie, manifestement peu soucieuses de prendre cette question à bras le corps, c’est le moins qu’on puisse dire. Et puis, ne pas laisser croire qu’il suffirait – comme veut nous en persuader une partie de la gauche assez mal dans ses baskets face à la détermination de Manuel Valls – de lever « les mesures qui restreignent l’accès des ressortissants roumains et bulgares au marché du travail français ». Comme si les presque trois millions de chômeurs n’existaient pas. Comme si les Roms concernés allaient chercher du travail. En tout cas, celui que pourrait leur proposer Pôle emploi…
Juste un conseil : que tout ce petit monde aille, de toute urgence, revoir « Le temps des gitans », le chef-d’œuvre d’Emir Kusturica.

PS/ Audrey Pulvar, aujourd’hui à la tête des Inrocks, est dans son rôle de grande vigie de la gauche quand elle lance un « Cher François (Hollande), on n’a pas voté pour ça ». Remarquez, c’est facile : elle ne doit pas en croiser beaucoup en rentrant chez elle, dans l’appartement de fonction de son chéri, au ministère de l’Economie et des Finances, à Bercy.

Spécial faux-culs 

En l’espace de quelques jours, on aura assisté à une belle démonstration de double langage, d’hypocrisie et de cynisme de la part des socialistes qui nous gouvernent.

On se souvient des mots très durs du candidat Hollande expliquant :

Moi président, il n’y aura pas de dictateur reçu à l’Elysée.

L’engagement a fait long feu. François Hollande a accueilli en catimini, il y a quelques jours, Hamed ben Issa Al Khalifa, le roi du Bahreïn, qui s’est illustré par une répression sévère de son opposition : on ne compte plus les emprisonnés, les blessés, les torturés, les tués au cours de ces deux dernières années. Mais la France socialiste est là qui va prodiguer des conseils à nos nouveaux amis bahreïni en matière de justice et de liberté de la presse. Non, je n’invente rien : c’est bien l’objectif officiel de cette visite ! Le bon roi Hamed a eu droit à toutes les attentions réservées à nos hôtes de marque, garde républicaine incluse. Seul le service de presse de l’Elysée n’a pas été mobilisé : aucun journaliste n’a été prévenu, la visite n’était d’ailleurs pas inscrite au calendrier officiel. On a quand même un peu honte de certains de ses invités…

Rebelote, si j’ose dire, avec la mort de Michel Polac. C’est d’abord le ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, qui salue « un homme qui n’aimait pas les idées tièdes », « engagé » mais « inclassable » bien que « son cœur battait, bien sûr, à gauche ».

Vous aurez noté le « bien sûr »… On aime d’autant plus les rebelles qu’ils sont à gauche. Mais le plus « amusant » viendra, une fois de plus, de l’inénarrable Martine Aubry, pour l’heure toujours à la tête du Parti. L’entendre faire l’éloge du « ton » de Michel Polac a quelque chose de surréaliste. N’est-ce pas elle qui s’interrogeait, toujours très tolérante, sur l’interdiction du Front national ? Qui refuse, exemple même d’ouverture d’esprit, de répondre aux questions des journalistes qui ne lui conviennent pas ? Qui a fait du sectarisme sa marque de fabrique…?

Quant à la droite, elle fait jeu égal en matière de sectarisme : on attend toujours les réactions de ses chefs de file après la mort de l’animateur de « Droit de réponse »… Parce que « son cœur battait, bien sûr, à gauche » ?

Droite et gauche : des jumeaux, vous dis-je.

Dans le camp des Dupont Lajoie 

Revenons sur la polémique autour du documentaire « Harcèlement de rue », tourné en caméra cachée par une jeune étudiante en cinéma belge, Sofie Peeters. Parcourant les rues d’Annessens, un quartier « populaire » de Bruxelles, elle nous montre dans toute leur crudité les « réflexions sexistes et indécentes des hommes croisés dans la rue ». Du « jolies fesses », « bonne à baiser », « l’hôtel, le lit, tu connais : direct » jusqu’aux « chienne », « pute », « salope » : tout y est, et surtout le plus sordide. Une dénonciation salutaire du « machisme ordinaire » selon les féministes.

Et elles ont raison. A ceci près que « le quartier pudiquement qualifié de “populaire” est peuplé d’une large majorité d’immigrés nord-africains. Mais le dire, parait-il, serait raciste. De même qu’il est raciste, en France, d’observer que, dans les cités à forte concentration immigrée, la condition des femmes a plutôt tendance à régresser » explique, avec une saine insolence, Elisabeth Lévy sur le site de Causeur. Et d’ajouter :

Face à cette réalité déplaisante, la première ligne de défense consiste à faire comme si on n’avait rien vu. Machisme ordinaire, vous dis-je. Vient ensuite l’éternelle explication sociologique – employée par la réalisatrice, terrifiée à l’idée de se retrouver dans le camp des Dupont Lajoie : s’ils se comportent ainsi, c’est parce qu’ils sont victimes de l’exclusion, du racisme et du chômage.

Il n’est pas question, évidemment, de laisser croire que certains « Français de souche » ne seraient pas eux aussi des machos de la pire espèce. Mais qu’on s’interroge sur notre incapacité ou notre absence de volonté d’imposer à certains le respect de nos règles et de nos usages, qu’on fasse remarquer qu’ils sont plus souvent maghrébins ou d’origine maghrébine qu’immigrés suédois, et vous voilà, aussitôt, rangé dans « le camp des Dupont Lajoie ».

On finira par taire ce que l’on voit, par être sourd à ce que l’on entend. Mais en règle avec ce qu’il convient de dire et de penser. Machisme ordinaire, vous a-t-on dit.

 

Une entourloupe

Pas une ligne ou presque.

Jacques Cheminade, candidat à la dernière présidentielle, vient de recevoir de la Direction régionale des finances publiques un « commandement de payer » de 171 325,46 euros, et la presse, à de très rares exceptions près, n’en dit pas un mot, ne s’en émeut pas. On ne va quand même pas se soucier des malheurs d’un « petit candidat » comme disent, méprisants, nos « grands » éditorialistes. Et pourtant, cette affaire en dit long sur le mal qui ronge les rouages de notre Etat.

Retour en arrière.

Aux lendemains de la présidentielle de 1995, les « sages » du Conseil constitutionnel valident les comptes de Jacques Chirac et Edouard Balladur dont ils savent pourtant qu’ils sont frauduleux, bourrés d’irrégularités. Emmené par leur président, le socialiste Roland Dumas, ils décident tout bonnement de maquiller les comptes. Au nom du respect du vote des Français, osera expliquer l’ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand ! Mais il faut bien sauver la face. Alors que faire ? C’est l’un d’entre eux, Jacques Robert, qui l’a avoué récemment :

Pour montrer que nous étions indépendants, nous avons invalidé Jacques Cheminade, alors qu’il n’avait commis que de légères erreurs…

Il faut dire qu’il ne pèse pas lourd : 0,27% des suffrages.

Pourquoi s’offusquer, 17 ans plus tard, de cette « entourloupe », pour reprendre le mot de Jacques Robert ? Tout est pourtant rentré dans l’ordre. Jacques Chirac vit toujours dans l’appartement de son ami, feu le premier ministre libanais Raffic Hariri. Edouard Balladur n’a toujours aucune explication plausible pour justifier le versement de 10 millions de francs en espèce lors de cette campagne. A moins de chercher du côté des rétro-commissions versées en marge du contrat des sous-marins Agosta, qui pourraient bien avoir coûté la vie à onze de nos compatriotes lors de l’attentat de Karachi. Mais tout cela n’est que broutilles !

Non, c’est Jacques Cheminade qui est poursuivi.

C’est lui dont on a hypothéqué l’appartement, dont on menace toujours de saisir les biens… Avec toujours le même cynisme aux lèvres, Roland Dumas rétorquera : « Jacques Cheminade était plutôt maladroit. Les autres étaient adroits… »

PS/ Et pendant ce temps, nos politiciens continuent leur petit business. La très verte Cécile Duflot a procédé à une grande distribution de Légion d’honneur à ses camarades de parti. Pourquoi se gêner ? Mais qu’on se rassure, son cabinet a fait savoir qu’il y aura des élus de l’opposition décorés… la prochaine fois. A droite, dans le genre éthique, on ne fait pas mieux : la maire UMP de Montauban a triplé son salaire. Brigitte Barèges ne pouvait pas faire autrement : battue aux dernières législatives et privée de ses indemnités parlementaires, il fallait bien qu’elle conserve les mêmes émoluments…

En vrac…

Parfois, des informations vous bousculent, vous sautent à la gorge. Elles ne sont pas de même nature mais vous obligent à interroger, à vous interroger.

Michelle Martin, l’ex-femme de Marc Dutroux, va retrouver la liberté. Elle a été autorisée à séjourner dans un couvent des sœurs clarisses, près de Namur. Condamnée à 30 ans de réclusion, elle en aura passé 16 en prison. Ancienne institutrice, Michelle Martin a séquestré plusieurs des jeunes victimes de Marc Dutroux, et laissé mourir de faim Julie Lejeune et Melissa Russo, âgées de huit ans, emmurées vivantes dans un cachot aménagé dans sa maison. Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie, l’a redit : « Elle a eu mille fois l’occasion d’ouvrir la porte de la cache et de libérer les petites. » Elle ne l’a pas fait. Emmurées vivantes…

Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, l’a affirmé au micro de Europe 1 : il continuera à procéder au démantèlement des camps de Roms « chaque fois qu’il y a une décision de justice ». Aussitôt, le vice-président de la Ligue des droits de l’homme, Malik Salemkour, évoque une « grande déception ». Avant d’ajouter : « Il n’y a pas de « problème Roms » en France, nous parlons de quelques dizaines de milliers de personnes qui sont visibles parce que victimes de stigmatisation par la précédente majorité. » Pas de problème Roms…

Lu dans Le Monde à propos des polémiques autour de la nouvelle méthode de recensement mise en place par l’Insee. Pour expliquer que la France soit le seul Etat à avoir adopté un système par sondage, contrairement à d’autres pays qui tiennent, pas exemple, des registres de population, le journaliste écrit : « En raison de son passé récent, rappelé lors du 60e anniversaire de la rafle du Vel’d’Hiv, la France se montre historiquement rétive à ce type de registre. » Historiquement rétive…

En désordre de bataille

La Grèce sombre, l’Espagne perd pied, l’Italie retient son souffle : l’Europe est à nouveau sans dessus-dessous. Mais en France, nos gouvernants ont d’autres chats à fouetter. Au moment où l’on s’attendrait à ce que chacun s’emploie à nous rassurer, à se mobiliser, à se serrer les coudes, les socialistes, comme dans une bonne vieille réunion de la section française de l’Internationale du même nom, se tirent dans les pattes. Regardez Ségolène Royal : elle n’a d’autre urgence que de tacler Najat Vallaud-Belkacem qui ne « serait peut-être pas là » si elle s’appelait « Claudine Dupont ». Et de s’employer, ensuite, à déminer un terrain qu’elle a rendu impraticable…

Et les camarades socialistes Arnaud Montebourg et Jean-Paul Huchon ! Le premier fait la leçon, vitupère, invective, voue aux gémonies quiconque dans le patronat ne se plie pas à ses oukases, et notamment la famille Peugeot qui a eu le tort, entre autres, de ne pas avoir délocalisé. Quand le second, à la tête de la région Ile-de-France, délocalise le centre d’appel du Syndicat des transports parisiens qu’il préside. Ne faisant que se conformer aux règles d’attribution des marchés publics, plaide-t-il. Comprenne qui pourra !

Tout cela fait désordre. Mais ce n’est pas grave : la crise attendra. Les socialistes règlent leurs comptes. Et – conséquence de toute cette pagaille ? – notre bon Président est au four et au moulin. En une semaine, on l’a attendu appeler le Conseil de sécurité des Nations unies à intervenir « le plus rapidement possible » en Syrie, rendre hommage aux 13 000 victimes de la rafle du Vel d’hiv, demander au ministre de l’Agriculture « qu’une attention particulière soit portée à l’évolution des marchés mondiaux des céréales », s’interroger sur une énième candidature de Paris à l’organisation des Jeux olympiques… et j’en passe. Ça me rappelle quelqu’un…

Déjà perdants

Décidément, politiciens et journalistes ont la mémoire courte. Alors qu’ils ne cessent de multiplier déclarations et analyses plus inquiétantes les unes que les autres sur la situation de l’Espagne – et, plus généralement, de la zone euro -, on est tenté de leur rappeler leurs propos aux lendemains du dernier sommet européen. Souvenez-vous, tout ou presque était réglé : Espagnols et Italiens avaient roulé dans la farine le dragon Angela Merkel, le président français était arrivé à ses fins, la croissance enfin programmée, nous n’avions plus qu’à attendre les fruits de cette stratégie victorieuse. Et chacun de saluer l’exploit de François Hollande, son sens tactique, sa capacité de synthèse, sa vision émancipatrice. Il avait manœuvré tout son monde comme dans un congrès socialiste. Avec un chef d’Etat pareil, crise, banquiers, traders, City, et même Wall Street n’avaient qu’à bien se tenir.

On avait presque envie d’y croire à cette France conduite avec doigté, à ces Français qui allaient s’en sortir ! Si un Président socialiste réussissait ce tour de force, nous étions prêts à l’applaudir ! Mais les mauvaises nouvelles n’ont pas tardé à pleuvoir. Il a bien fallu regarder la triste réalité en face : on ne réglera pas la crise actuelle avec quelques accords arrachés au bout de la nuit. On ne fera pas l’économie d’une remise à plat de l’euro, du fonctionnement des institutions européennes, de cet aveuglement qui a conduit tous nos responsables à dépenser plus que nous ne gagnons depuis… 1974 ! De droite comme de gauche !

L’Espagne est entrée dans une « spirale de la mort », explique maintenant un analyste. Je crains que l’Occident ne soit au bout du rouleau. Et pas uniquement pour des raisons économiques. Il ne suffira pas de mobiliser la Banque centrale européenne, d’instaurer une taxe sur les transactions financières, de mutualiser la dette : nous avons lâché prise, honteux de ce que nous sommes, déjà perdants.

Blancs, white, blancos

Encore un chiffre stupéfiant, avancé par la démographe Michèle Tribalat : en Seine-Saint-Denis « 19 % des moins de 18 ans étaient d’origine étrangère en 1968, ils étaient 57 % en 2005 et probablement encore plus aujourd’hui. » Et que fait le ministre de l’Intérieur face à ce qu’il faut bien appeler une immigration de peuplement ? Il annonce qu’il va revenir sur les critères de naturalisation mis en place par son prédécesseur afin que l’acquisition de la nationalité française cesse d’être, dit-il, une « course d’obstacles ». Regrettant que le nombre de naturalisations soit « en chute libre », il se propose d’en finir avec la loi de juin 2011 qui exige notamment une maîtrise de la langue équivalent à un niveau de troisième, une connaissance minimale de la culture et de l’histoire de la France, et la signature d’une charte « des droits et des devoirs du citoyen ».

Des critères qui ne me semblent pas le moins du monde « scandaleux » ni même « arbitraires », et ne relevant aucunement d’une sorte de loterie comme voudrait nous le faire croire le locataire de la place Beauvau. Malgré ses dernières déclarations, Manuel Valls ne me semblant pas un idéologue totalement étranger au monde réel – n’avait-il pas déclaré, en 2009, alors maire d’Evry, « vouloir plus de « Blancs, de white, de blancos » sur le marché de sa ville… – je me permets donc de le renvoyer, une fois encore, aux analyses de Michèle Tribalat. Selon elle, « La pression et les exigences qui s’expriment côté musulman dans une société prêchant la tolérance et l’ouverture aux autres ont toutes les chances de finir par s’imposer là où ils forment une minorité conséquente. »

Est-ce bien cela que souhaite notre ministre ? Est-ce opportun à l’heure où – certains diront, bien sûr, qu’il n’y a aucun rapport – le nombre de demandeurs d’emploi a encore progressé, en juin, de 0,8%. Soit 23.700 chômeurs supplémentaires. Mais pas de problème, continuons à ouvrir nos frontières, à naturaliser, à accueillir et à régulariser les sans-papiers !

PS/ Un de mes lecteurs me reproche, alors que j’ai critiqué Madonna à propos de cette croix gammée sur le visage de Marine Le Pen, de défendre une liberté d’expression « à géométrie variable ». Je ne le pense pas. C’est pourquoi j’avais précisé dans ce billet, concernant la plainte déposée par la responsable du Front national : « C’est son droit ». Laissant entendre que ce n’est pas, selon moi, la bonne méthode : si l’on devait faire des procès à tous les imbéciles… J’aurais dû être plus explicite. J’en prends acte.

Le bac dans une pochette surprise

Je réagis avec retard mais le chiffre m’a fait bondir. Malgré une légère baisse de reçus cette année, ils sont 77,5% d’une génération à se retrouver avec le bac en poche. Un record ! Du jamais vu ! Enfin, on atteint les objectifs fixés par Jean-Pierre Chevènement, du temps où il était ministre de l’Education nationale. Et chacun d’applaudir, de se congratuler, de se taper dans le dos.

Je suis personnellement consterné. Qui peut croire que 77,5 % – plus des trois quarts – des jeunes d’une même classe d’âge ont le niveau de ce qu’on peut attendre d’un bachelier ? Qui peut prendre au sérieux une telle « performance » ? C’est vrai, tout est fait pour que chacun puisse se vanter d’avoir le bac. On a inventé une version « professionnelle » dont chacun sait ce qu’elle vaut. Même les filières « classiques » ne sont pas à l’abri de cette tromperie sur la marchandise. On incite les profs à relever les notes. On multiplie les fameuses « options » qui expliquent, entre autres, l’inflation des mentions. Sans elles, un quart des mentions « très bien » en S ne seraient pas décernées… Mais que voulez-vous, si ça fait plaisir à nos chères têtes blondes et à leurs profs qui ne vont quand même pas s’emmerder à leur enseigner l’orthographe… Les langues étrangères : 57 au programme ! Dont 13 ont été présentées l’an dernier par moins de 20 élèves dans toute la France… comme le swahili ou le haoussa. Des sports dont j’ignorais jusqu’à l’existence, comme le « pentabond », sont pratiqués – et donc notés. Je vous rassure, on n’a pas oublié la boule lyonnaise. Ne manque plus que la pétanque.

Et que nous proposent certains ? Un contrôle continu. Pourquoi ne pas supprimer les interros et les remplacer par des ateliers, des exposés en commun ? On pourra ainsi atteindre 100% de reçus. Qu’importe, tout le monde est content. Les parents d’élèves sont rassurés, les lycéens confortés dans leur ignorance et les profs chouchoutés : il ne s’agirait pas de bousculer les habitudes de ce petit monde. Que seulement 15% des fils d’ouvriers obtiennent le bac, on ne va quand même pas s’en soucier…

PS/ Que ces députés sont minables ! Toute une partie des parlementaires de droite – Pierre Lelouche en tête – a boudé le discours du président tunisien Moncef Marzouki à la tribune de l’Assemblée nationale. Pourquoi ? Parce que la situation en Tunisie n’est pas « stabilisée » selon le député UMP de Paris. Et alors ? Raison de plus de témoigner nos encouragements à ce défenseur acharné de la démocratie. Que je sache, les Tunisiens se sont débarrassés du sinistre Ben Ali sans rien nous demander. Qu’on se méfie des interventions militaires menées officiellement au nom de la démocratie et des libertés, bien sûr. Mais en l’occurrence, ce n’est pas le cas… Tant qu’ils y sont, ces parlementaires pourraient élever une statue à Michèle Alliot-Marie, accusée – sûrement à tort selon eux… – d’avoir fricoté avec le regretté dictateur tunisien.