Ma lettre à François Hollande

Monsieur le Président de la République,

Des députés socialistes, M. Galut et M. Bachelay, ont lancé, voici cinq jours, une pétition sur internet dans laquelle ils demandent ma révocation.

Interrogés dans la presse, ces députés ont annoncé qu’ils vous feraient parvenir l’ensemble des pétitions signées dès lors qu’ils en auraient rassemblé 10.000. Il semble que ce nombre, absolument arbitraire, soit suffisant à
leurs yeux pour justifier de vous saisir. Cependant, aujourd’hui, lundi 21 septembre, malgré
une importante communication, cette frontière des 10.000 n’est toujours pas atteinte.

En revanche, une pétition, lancée seulement ce matin, dans les mêmes conditions, afin de
soutenir mon action, a dépassé, en moins de sept heures, les 10.000 signataires.

Notre République qui ignore avec constance le recours au référendum ne peut naturellement
prendre en compte des pétitions comme des sondages en ligne.

Sur le fond, je suis persuadé, M. le Président de la République, que vous ne partagez pas les
méthodes de ces députés. Exiger la révocation d’un maire au seul motif que ses déclarations
ou ses actes, parfaitement légaux en l’espèce, heurtent votre opinion, est indigne du débat
public.

S’agit-il pour eux, soutiens incertains de votre politique gouvernementale, de se tailler
à peu de frais une réputation d’hommes de gauche intransigeants ?

Quoiqu’il en soit, et quels que soient les griefs que je peux faire à ces députés de la Gauche
Forte et de la Pensée Morte, je tiens à vous faire savoir que, même fort du soutien d’un million
de pétitionnaires, je ne vous demanderai jamais d’agir contre leur qualité d’élus.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma haute considération.

Robert Ménard
Maire de Béziers

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