RTL et la bête immonde

Ainsi donc, je serais d’extrême droite. Je viens de l’apprendre en lisant un article de la bible de la bien-pensance, je veux parler bien sûr du magazine « culturel » Télérama, dans lequel le PDG de RTL, Christopher Baldelli, déclare :

RTL, complaisante avec l’extrême droite ? J’ai viré Robert Ménard bien avant qu’i>TELE ne s’y résolve.

Il en a mis du temps Monsieur Baldelli pour découvrir ma prétendue appartenance à cette mouvance qu’il s’emploie, on l’a compris, à combattre. Il m’a pourtant invité sur son antenne pendant presque deux ans dans l’émission animée par Christophe Hondelatte, « On refait le monde ». Il n’avait pas alors d’états d’âme, me confiant même, en sus, le portrait, chaque samedi, de « L’incontournable » de la semaine. Je me souviens encore de ses félicitations quand, dans le grand studio de la station, il m’a remis le trophée de la « langue de vipère » de l’année, attribuée par les auditeurs. Il ne devait pas avoir eu le temps de m’écouter sur ses propres ondes… Ou alors s’était-il résigné – la mort dans l’âme, j’imagine – à me supporter, l’audimat étant au rendez-vous et le standard de RTL acquis à mes propos et à ceux que la bonne presse baptisait déjà « les nouveaux réacs » ?

Mais, me répondra-t-on, vous n’aviez pas encore écrit, avec Emmanuelle Duverger, votre pamphlet Vive Le Pen !

C’est vrai. Là encore, homme de radio fort occupé, Monsieur Baldelli ne doit pas avoir le loisir d’ouvrir un livre et, encore moins, de le parcourir, même si, en l’occurrence, il se réduit à une trentaine de pages. Dommage, il aurait pu lire, dès la première page, cette phrase qui l’aurait rassuré : « Il ne s’agit pas de défendre ici Le Pen, père ou fille, mais de dénoncer cette traque de tout ce qui est supposé exprimer sympathie ou même vague intérêt pour des idées, des analyses qu’il est si aisé de proscrire d’un retentissant “facho”. »

Allez, j’arrête. Quand on veut se débarrasser de son chien, on l’accuse de la rage. Que monsieur Baldelli n’aime pas ce que je pense, c’est son droit le plus strict. Qu’il invente des arguments, c’est déjà plus problématique. Mais qu’il fasse fuir ses auditeurs, c’est plus embêtant (et inquiétant pour ses actionnaires) : RTL ne vient-elle pas de perdre sa première place au profit de NRJ ?

Et que propose Monsieur Baldelli pour retrouver son leadership ? De supprimer, entre autres, la fameuse « langue de vipère ». On ne demandera donc plus son avis au public. Il faut dire que ce dernier est bien mal inspiré qui plébiscite inlassablement ces « fachos » que pourchasse notre cher PDG.

Monsieur Baldelli pourrait paraphraser Bertolt Brecht :

Puisque le peuple vote contre RTL, il faut dissoudre le peuple.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *