Vive Cheminade !

On finirait par voter pour lui ! A voir l’ironie, la morgue, le mépris affichés par les journalistes, jeudi soir, sur le plateau de l’émission « Des paroles et des actes », on avait envie de se ranger, toutes précautions oubliées, du côté de celui dont ils avaient fait leur punching-ball. Une sorte de tribunal des puissants.

Et encore, cela aurait pu être pire : notre homme a fait HEC, l’ENA. De quoi inspirer un minimum de réserve à ceux qui se retrouvent toujours quasi spontanément du côté du manche. Imaginez le même discours tenu par un quidam ayant fait de moins prestigieuses études… Notre « petit candidat » aurait été encore davantage accablé, gaussé par ces dignes représentants du « quatrième pouvoir »…

Après ce spectacle, Nathalie Arthaud, pourtant animée trop souvent d’une hargne qui la dessert, en devient presque sympathique quand elle renvoie ses intervieweurs dans leurs cordes et surtout, à leurs réflexes de classe et de caste.

Même Franz-Olivier Giesbert s’y est mis, regrettant que certains candidats soient « passés entre les mailles du filet », qu’ils nous soient « imposés » en quelque sorte. Et oui, chers confrères, la démocratie a un prix et quel prix : elle vous oblige à écouter, pendant 16 minutes et 34 secondes, d’autres voix que celles que vous fréquentez habituellement.

Dommage. Dans le numéro de cette semaine du Point, commentant le livre d’Elisabeth Lévy, Franz-Olivier Giesbert a signé un très juste édito « Eloge d’Elisabeth Lévy, petit soldat de la liberté d’expression ». Commentant donc « La gauche contre le réel», son dernier ouvrage, il dénonce avec elle « la police de la pensée », « la production de bâillons ». Il rappelle la célèbre formule attribuée faussement à Voltaire : « Je ne partage pas vos idées, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer ». Et on applaudit. FOG, comme on dit, a raison. Hier, il a simplement oublié que le « bâillon » peut aussi être le silence imposé de fait à des voix marginales par des journalistes fascinés par le pouvoir et ses hommes.

Alors, oui aux 16 minutes et 34 secondes de Jacques Cheminade !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *