Angle mort

Revenir sur la tuerie de Toulouse.

S’agit-il d’un simple fait divers – même s’il est particulièrement sordide, violent, horrible – qui relève d’une dérive personnelle ?

Mohamed Merah n’étant au fond, comme l’a décrit Nicolas Sarkozy, qu’un « fanatique », un « monstre ». Du coup, pas besoin de s’interroger davantage. « Chercher une explication (…) serait une faute morale. » en a même conclu le Chef de l’Etat. Commode et rassurant.

Autre approche, que résume assez bien Razzy Hammadi, secrétaire national du Parti socialiste :

Pourquoi ce gamin qui était français et non pas parachuté par une force obscure depuis l’étranger, s’est-il identifié à des combats qui n’ont rien à voir avec les nôtres et est devenu un tueur ? Cela mérite qu’on s’interroge.

Et d’ajouter, judicieusement :

Nos dirigeants ne vivent pas dans les milieux qui produisent ce genre de profil. Ça crée un angle mort.

Incommode et peu rassurant.

Alors, comment expliquer les gestes de Mohamed Merah ? Par l’habituel recours à des quasi-excuses psycho-sociologiques ? Du genre « famille désunie », « enfance difficile », « influence du milieu carcéral », etc.

On en finirait par nous dire que l’intégrisme n’existe pas et qu’il n’y a que des problèmes de société.

Ou faut-il, enfin, prendre à bras le corps d’autres questions autrement plus dérangeantes pour les uns et les autres : assiste-t-on à une islamisation des banlieues avec son lot de folles dérives ?

Le vieil antisémitisme n’est-il pas supplanté par une nouvelle haine anti-juive, un antisémitisme « profondément ancré dans certaines banlieues » pour reprendre les mots de Manuel Valls, un autre socialiste, élu justement de ces mêmes banlieues ? Et même oser s’interroger : n’était-il pas un peu naïf d’affirmer qu’une immigration étrangère porteuse d’islam ne pose pas problème dans une Europe vieillissante ? Une question, je le sais, qui vaut de se voir immédiatement taxé d’islamophobe par certains…

Et si ces questions sont légitimes, contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, ne serait-il pas temps de s’interroger sur ces regroupements familiaux, sur cette immigration massive qui alimente ici, chez nous, des ghettos, des mentalités de ghettos, une violence de ghettos, un islam de ghetto qui pourraient faire d’un Mohamed Merah non pas une sorte d’exception, – on parle quand même de 300 à 500 djihadistes dans notre pays ! – mais le signe avant-coureur d’un possible basculement ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *