Victimes et procureurs

Qui ne condamnerait pas l’agression dont ont été victimes la journaliste Audrey Pulvar et son compagnon le député socialiste Arnaud Montebourg ? C’est inadmissible. Il faudrait mettre la main sur ces voyous et les sanctionner avec la plus extrême sévérité.

Qu’ils aient proféré des propos antisémites aggrave encore leur cas. Personne ne peut rester insensible à ces actes odieux. Et, bien entendu, je veux ici dire toute ma sympathie à l’égard de ma consœur et de son ami.

Mais quand Audrey Pulvar met en cause directement le Front national sous prétexte que ses agresseurs – « semble-t-il des personnes interdites de stade » précise-t-elle – ont hurlé des « Le Pen président », elle nous entraîne sur un autre terrain. Celui de la politique, de la politique partisane, de la politique politicienne.

Quand Arnaud Montebourg, toujours dans la nuance, affirme que cette agression  « témoigne d’un climat de libération d’une parole raciste et à connotation fascisante dans le parti de Marine Le Pen », il est, tout simplement, dans le procès d’intention : ses agresseurs lui auraient-ils présenté leurs cartes du FN ?

Quand le député PS, Jean-Marc Ayrault, poste un « Inadmissible, ça prouve qu’il faut combattre sans relâche le FN qui tente d’avancer masqué ; ce soir, il montre son vrai visage » c’est tout simplement odieux.

J’ai de la sympathie pour les victimes d’une agression inqualifiable, quelles qu’elles soient. J’en ai beaucoup moins pour les procureurs qui accusent sans preuve. Au pouvoir, ils nous réservent de drôles de procès…

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