Staliniens de service

Mediapart, le site dirigé par Edwy Plenel, a décidé de ne pas accueillir Marine Le Pen dans le cadre de ses émissions sur l’élection présidentielle. Nos grands démocrates ne veulent pas lui « offrir une tribune ».

Jusque là, rien que de très habituel : la même dialectique qui, jadis, justifiait aux yeux de nos trotskystes de « tirer comme des lapins » les marins de Cronstadt qui se révoltaient contre la dictature communiste en URSS, sert aujourd’hui – mais, Dieu merci, ils ne sont pas au pouvoir – à écarter ceux qui n’ont pas l’heur de leur plaire.

Seul point comique, l’argumentation avancée est parfois surréaliste : si Mediapart ne veut pas s’abaisser à recevoir la responsable du Front national, c’est – personne d’autre n’oserait l’écrire – parce que « depuis sa création, Mediapart n’a cessé d’être attentif au pluralisme d’idées, de débats, de projets » ! Attendez la suite : « Comme journalistes », continuent nos donneurs de leçons de déontologie, « nous pouvons revendiquer en toute indépendance de lui appliquer un traitement différencié. Le pluralisme, c’est aussi ce droit de choisir ».

Décidément, staliniens jusqu’au bout des ongles…

J’oubliais : le même Edwy Plenel s’élève contre la décision de la direction du FN de refuser l’entrée des journalistes du site à sa convention professionnelle. Au nom, bien sûr, de la liberté de la presse.

Comme l’écrit l’ancien magistrat Philippe Bilger, « Mediapart aurait le droit d’être sadique et sa victime le devoir d’être masochiste ? »…

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