Maire de Béziers

Candidat aux élections municipales à Béziers, j’avais promis, si j’étais élu, de consacrer 100 % de mes forces, de mon énergie et de mon temps à ma ville. Elle le mérite et elle en a besoin. Élu à la mairie, contre toutes les prévisions et en dépit de l’hostilité des vieux partis qui nous ont fait tant de mal, la moindre honnêteté veut que je tienne l’engagement que j’avais pris.

C’est le cœur serré mais la conscience tranquille que je vous annonce aujourd’hui, amis et fidèles de Boulevard Voltaire, ma décision de quitter le site que j’ai créé il y a un an et demi, qui a duré et grandi grâce à vous, à votre attachement, à votre soutien, mais aussi grâce au travail et au talent de ceux et de celles qui l’ont fait vivre jour après jour et qui, d’ores et déjà, en ont fait l’un des plus beaux succès de presse enregistrés dans notre pays ces dernières années.

Cette prise de distance ne signifie en aucune manière que les raisons qui ont justifié la naissance de Boulevard Voltaire ne sont plus, et moins encore que je me désolidarise de l’esprit de liberté et de non-conformisme qui est notre marque et fait notre originalité. Plus que jamais, nous avons un besoin vital de lieux de débats, de discussions, de confrontations sans exclusive d’aucun point de vue, fût-il contraire à nos idées et à nos convictions.

La liberté d’expression est chez nous constamment ignorée, bousculée ou bafouée par ceux-là mêmes qui, par profession, devraient l’incarner. Convaincus sans doute de personnifier le vrai, le juste et le bien – en un mot la morale – trop de mes confrères (ou faut-il dire ex-confrères ?) tranchent, jugent et condamnent sans se donner le temps de réfléchir et la peine de s’informer. J’ai encore eu maintes occasions de le constater tout au long de la campagne électorale que je viens de mener jusqu’à la victoire de ma liste et de la démocratie.

Que vous dire encore, à l’heure où, en quittant Boulevard Voltaire, je fais sans doute mes adieux au journalisme ? Au temps où j’étais président de Reporters sans frontières, j’ai rencontré des hommes et des femmes prêts à risquer leur liberté et même leur vie ; à Boulevard Voltaire, j’ai côtoyé des hommes et des femmes sans calculs, sans arrière-pensées, sans prudence, sans plan de carrière, prêts à mettre en péril leur confort et en jeu leur réputation pour ce petit rien essentiel, sans lequel nous ne pouvons respirer, et qui s’appelle la vérité.

Je laisse Boulevard Voltaire en de bonnes mains, celles de l’équipe qui, autour de Dominique Jamet, d’Emmanuelle Duverger, de Denis Cheyrouze, co-fondateurs du site, et de tous ses collaborateurs et contributeurs, a toute ma confiance et a su gagner la vôtre. Ils sauront animer, améliorer et faire progresser cette petite entreprise qui n’a pas peur des grandes.

Je leur passe le relais en toute tranquillité et en toute amitié. Même là où m’appellent désormais les fonctions que j’ai souhaitées, je ne serai jamais loin ni d’eux ni de vous. Longue vie à Boulevard Voltaire !

Béziers, le mercredi 9 avril 2014.